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05/07/2016

Le Secrétaire Empire

Le Secrétaire Empire.
Le Secrétaire Empire en merisier clair ciré, d'où vient-il ? Quel âge a-t-il ?
Il a pu appartenir à l'inspecteur de l'enseignement Carrère, un grand-oncle de ma mère Lucie qui, bien que célibataire, avait un grand appartement.
Ou à Julie Lacassagne, une tante de ma mère Lucie qui, mariée à un fonctionnaire, avait fait 24 déménagements, "sans rien casser"!....
Il se trouvait en possession de celle-ci. A son décès, ses biens dispersés dans la famille, ma mère en hérita ainsi que d'une armoire plus haute que large, d'une seule porte, appelée "homme debout". Il se trouve qu'il fait partie de mon mobilier.
Les deux colonnes bien droites (parce que construites avec du bois sec) font l'admiration des visiteurs malgré sa vétusté. Il se trouvait à Tarbes où la vieille tante passa ses derniers jours. Je l'ai toujours dans le bureau.
Mariée, sans enfants, Julie Lacassagne, très pieuse, avait élevé au séminaire un jeune homme. Celui-ci rendait souvent visite à sa bienfaitrice.
Un jour où elle se trouvait seule, l'oncle et la tante étant en voyage,   le jeune curé emporta le secrétaire contenant des "titres" dans les tiroirs secrets. A leur retour l'oncle et la tante furent consternés. L'oncle écrivit à l'évêque" pour lui signaler le fait, lui disant "que chez lui, on pouvait se permettre un tel acte, on ne se confessait pas !" Retour du secrétaire "sans les titres"!...
Le grand oncle étant né en 1862, on peut dire que ce meuble est plus que centenaire, donc classé "antiquités".
J'espère qu'après moi, les héritiers en prendront le même soin que moi-même ... ...

26/03/2016

L'Encrier

L'Encrier
Une arrière-grand tante, côté maternel, Lucie Libis, professeur d'espagnol, exerçait en un temps où n'existaient que les porte-plumes. L'écriture à l'encre était quasiment impossible à transporter. Apparut l'encrier supplantant la plume d'oie. C'était un petit flacon emboîtant  un cylindre métallique recouvert de cuir, que j'ai retrouvé et conservé. Il doit être centenaire mais en bon état, un petit objet curieux.
Quelle encre a-t-il contenu :
                  - bleue : pour l'usage habituel
                  - rouge : pour les corrections
                  - noire : pour les fautes graves de français
Je le sors de l'oubli par un petit poème
Je dois dire entre parenthèse que le professeur se rendait à ses cours avec un petit attelage comme il était courant que certaines femmes se déplacent  de cette façon, ainsi de nos jours en voiture personnelle.

                                                               L'ENCRIER

                                            L'encrier près du coeur a rompu le silence.
                                            Il parle et laisse aller son flot démentiel.
                                            La plume court, elle saute, elle danse
                                            Sur des rythmes gris bleus qui colorent le ciel.

                                            Le mot au fond de moi s'écorche à la parole.
                                            Mon écriture saigne et blesse en s'écoulant
                                            Ma douleur carminée et sa large auréole
                                            Glisse tel un frisson qui s'enflamme au couchant.

                                            La blessure sur des miroirs glacés se brise
                                            Sensible à l'alphabet assombri par la nuit.
                                            J'écris dans un coin noir où la Muse s'enlise,
                                            Désireuse de fuir les affres de l'ennui.

                                            J'ai laissé ma pensée au creux de ma mémoire.
                                            De bleuté, rouge, noir, vide est mon encrier.
                                            Il sera le témoin, gardien de mon histoire.
                                            La page blanche n'est qu'un chiffon de papier.

20/03/2016

ONFRAY Michel/Lucchini Fabrice

Onfray M/Lucchini F
La Grande Librairie émise par François Busnel à la télé fut très divertissante. Je m'attendais à un choc de la part des deux participants. Le choc n'eût pas lieu.
F. Lucchini, diseur de poèmes plutôt classiques dans un petit théâtre, avec sa diction singulière, récita des extraits de poèmes classiques, de tête. Il préfère, dit-il, Céline et Molière. Elevé à la Goutte d'Or, puis apprenti coiffeur, il arriva à se faire un nom, comme comédien. Sans étude particulière, il fit preuve d'une certaine culture littéraire.
Son partenaire, Onfray M., diplômé, fonda une Académie à Caen fréquentée par des jeunes, surtout des jeunes femmes, semble-t-il. Tête carrée, lunettes carrées, il fit preuve de beaucoup de bon sens. Sa passion : la philosophie. Il nous dit être de "gauche" mais vote à droite (redéfinition de la gauche). Il nous explique le déclin du christianisme, l'émergence de l'islam. Il est athée.
Deux intervenants que j'attendais s'affronter, le choc n'eut pas lieu, chacun restant sur ses positions, en se respectant. Le niveau de pensée fut très élevé des deux côtés tout en restant agréable à entendre.
Deux religions opposées, la Bible écrite par des personnes n'ayant pas connu Jésus, mais d'après une version orale (le nom de Jésus est peu présent), le Coran écrit par le prophète Mahomet sous la dictée de Dieu, mais elles présentent quelques analogies, cependant l'une prêchant la charité, l'amour du prochain..., l'autre plus intransigeante vis-à-vis des non-musulmans.

07/03/2016

Le Mariage de Plaisir

Le Mariage de Plaisir
Curieux ce verset du Coran qui permet à un homme musulman qui part en voyage pour une durée déterminée de contracter mariage pendant cette durée, nommé "mariage de plaisir". Il est vrai que cette religion  lui permet d'avoir 4 femmes légitimes.
C'est le titre du roman de Tahar ben Jelloun, une histoire qui se passe au Maroc, écrite par un arabe. La couleur locale, les coutumes du pays caractérisent ce livre. La sexualité est très présente. Je connais une ville du Sud-Ouest, chef-lieu de département (dont je tairai le nom), où le nombre de prostituées est élevé et s'explique par la population de "pieds noirs" qui se sont installés dans la région après la guerre d'Algérie, mais qui sont catholiques pour la plupart.
Le roman est dépaysant et ne manque pas d'intérêt de quoi attirer la curiosité du lecteur

 

05/03/2016

Il a neigé

Surprise au réveil !
Il a neigé sur Paris, une légère couche masquait la laideur de la ville, mais aussi la beauté des jardins, créant dans mon for intérieur une uniformité absente d'originalité.
Il a neigé aussi dans ma vie laissant un grand vide dans ma tête, absence d'orientation. Comment vais-je occuper ma journée, sinon les yeux rivés sur la vitre à observer un dégel qui laisse derrière lui un certain désordre où apparait le côté déjanté d'une ville surpeuplée.
Autant de pureté laisse dans mon être un besoin de me régénérer. Il est vrai que je me trouve à un tournant de ma vie que je dois meubler de nouveautés dans mes occupations et loisirs et je ne manque pas d'idée. Il est difficile de choisir la bonne voie.
                                          O Neige, ensevelis dans son dépouillement
                                          La Terre qui s'endort, paisible et maternelle.
                                          Tombez, flocons légers avec recueillement.  
                                          Grince l'alto d'Hiver, ô triste ritournelle.

                                          Efface le chemin jusqu'alors parcouru,
                                          L'empreinte de nos pas, les contours du mirage
                                          Qui limitaient le rêve auquel nous avons cru
                                          Tant était fort l'Amour et grand notre courage.

                                          O Neige, pur cristal et rayon d'ostensoir,
                                          Dissipe la rumeur de l'immensité blanche,
                                          Transformée en prière à l'approche du soir,
                                          Sur laquelle un ciel gris se penche.

Poésie., viens à mon secours et repose mon âme.

                                                     Ce soir l'air frais qui m'environne
                                                     A le parfum des soirs d'automne.
                                                     A l'aile du vent je confie :
                                                         "Je t'aime Poésie".
              
                                                     Seule ce soir je papillonne
                                                     A des excès je m'abandonne
                                                     Puis recherche la compagnie
                                                         Sage de Poésie
 
                                                     Mon alexandrin déraisonne
                                                     Au point d'être privé de phone
                                                     Il est temps que je versifie.
                                                          Aide-moi, Poésie!
                 
                                                        
                                

                                          



                          

 

27/02/2016

L'Arbre de mes jours

L'Arbre de mes jours.
Dans le jardin un arbre (je ne saurais dire son nom) a été étêté présentant une plaie au niveau de chaque branche.
Dans le jardin voisin ce n'est pas un mais deux qui ont été mutilés de la même façon.
Aux Buttes Chaumont plusieurs troncs présentent une marque verte signifiant qu'ils vont être abattus pour cause de maladie ? Ce fut le cas de plusieurs d'entre eux. A ce rythme les arbres vont disparaître. Ils sont remplacés de chaque côté des allées par des arbustes espacés de un mètre environ qui une fois en pleine croissance seront très décoratifs.
Je dois dire que chaque parterre offre par la couleur de ses fleurs une symphonie l'un de jaunes, un autre de mauves... ravissants à voir. Ce jardin hausmanien est en perpétuelle transformation : caniveaux en pavés le long des allées, pelouse renouvelée, arrosage modernisé... Bien que situé dans le 19°, il peut rivaliser avec Monceau, les Tuileries...
Mon arbre en question étant d'une hauteur élevée nichait dans son feuillage un merle qui dès le petit matin me réveillait par son aubade. J'ai hâte de voir arriver Avril générateur de sève qui ornera l'arbre de quelques repousses feuillues.
Il fut le témoin de mes joies et peines. Je me plais à narrer ce qu'il m'inspire :
                                               
                                                     L'Arbre  de mes jours

                                       Un Arbre sous mes yeux scande mon existence.
                                       Dans le branchage épais joue, épuisé, le vent,
                                       Souffle d'un dieu venu d'un autre continent.
                                       L'Arbre légèrement dans un tourbillon danse.

                                       L'Arbre dès le matin me captive et m'enchante.
                                       Son feuillage frémit et berce mon coeur las
                                       Sur un air apaisant les soucis d'ici-bas
                                       Et l'Arbre allégrement d'une belle voix chante.

                                       Sous l'ouragan fougueux l'Arbre plaintif chavire.
                                       Sa frondaison résiste au soubresaut puissant
                                       Du typhon déchaîné qui devient menaçant.
                                       Il oppose à l'affront un vaste éclat de rire.

                                       Un nuage léger qu'un bec d'oiseau effleure,
                                       De ses larmes d'argent scintille dans ma nuit.
                                       L'étoile du berger en un ciel d'encre fuit.
                                       Il pleut sur mon tourment des gouttes. L'Arbre pleure.

                     (Ce poème paraîtra dans un n° de l'Albatros, revue des Poètes classiques)

13/02/2016

Romaine Mirmault

Romaine Mirmault
En classant ou éliminant de nombreux recueils de qualité discutable que l'on recevait lorsque j'étais au Comité de la Sté des Poètes français (une centaine par an) envoyés par les poètes pour les concours, parmi eux j'ai retrouvé un livre  au papier jauni qui doit se manipuler avec soin, dont la couverture cartonnée  marque le passage des ans, déposé à la Bibliothèque nationale en 1928, Romaine Mirmault de Henri de Régnier, titre ce jour absent des librairies.
Après une lecture précédente de Georges Delacourt "La première  chose que l'on regarde",  c'est un plaisir de parcourir ces lignes, de voir se développer la pensée sélective de l'auteur.
Exemples du style :
"Le ciel prit la couleur du bonheur
"Au coin de l'oeil se dessinait la précoce patte d'oie du sceptique
"Coudre à un mort un linceul de deuil
"Garder aux lèvres un goût de néant et de cendre ... ...
C'est un vrai plaisir, un hymne à la Langue française où revient comme un refrain le souvenir chaque fois évoqué  d'un spectacle, l'attitude d'un amour naissant,  d'un paysage-description de Rome, Damas ... ...
En ce mois de février 2016 froid et pluvieux, l'esprit se sent revigoré et m'a inspiré un poème : La Pluie.

                                                               LA PLUIE
                                            Elle reçoit du ciel l'aveu d'un désamour.
                                            Elle surprend, gémit, adresse une prière,
                                            UN vibrant staccato au rythme  d'un coeur lourd.
                                            Sur le clavier s'attarde une note-lumière

                                            C'est l'envol frémissant de l'aile d'un oiseau,
                                            Le cliquetis joyeux venu d'un bruit de feuille,
                                            L'orage tourmenté versant ses trombes d'eau,
                                            La rose lasse dont la parure s'effeuille.
                                          
                                            Quand il pleut, le logis enferme dans ses bras
                                            L'ombre d'un jour bleuté. Comme est triste la Terre,  
                                            Telle la vacuité d'un désert ici-bas.
                                            En épousant le Ciel, elle se régénère.

                                                                           Marie-R. Delavay

17/12/2015

Délabrements immobiliers

Délabrements immobilier.
Après un demi-siècle d'occupation à l'état neuf, l'appartement manifeste des signes, des craquements de nature à perturber momentanément la vie de tous les jours.
D'abord au point de vue de l'eau potable de petites fuites causant de mini inondations dans la cuisine nécessitent le changement d'appareils ménagers branchés sur le réseau.
Cet ennui écarté, c'est au tour de l'électricité de donner des signes de faiblesse, un court-circuit sur la prise électrique causé par la Fibre. A! la Fibre !... d'où panne du téléphone, télé, ordinateur, ce qui isole du monde. Heureusement la lecture est là pour compenser ce manque de service au moment où l'information est riche : attentats, élections régionales .
Je ne peux pas dire "mon cher appartement",que j'ai eu envie de quitter maintes fois sans mettre à exécution ce projet, car même dans les "beaux quartiers", après des dizaines de visite, je n'ai pas trouvé semblable situation. Le matin à l'Est on profite du soleil quand il veut bien se montrer. A partir de 2 h. c'est l'ouest que le soleil éclaire avec une vue sur la verdure (24 ha.). Cette situation privilégiée l'emporte sur toute autre considération : le 19° arrondissement peuplé de multiples classes de la société, pas les meilleures, loin des lieux culturels : Palais Garnier, Louvre, Salle Payel. Il y a le métro, me direz-vous, moyen populaire de se déplacer.
En conclusion, je persiste à rester dans le 19° dans l'appartement que je n'ai pas désiré mais qui s'impose à moi par certaines performances. Avantages certains : ses promenades dans un parc entièrement rénové, ce qui met en valeur qui ne mérite plus je crois d'être considéré comme inférieur à tout autre avec ses paysages variés, son terrain vallonné, son belvédère, ses arbres aux essences différentes que l'on abat parce que frappés de maladie, certains centenaires.
Pour tous ces agréments, je me surprends à aimer mon quartier qui est comme un village : proximité des commerçants, des lieux de santé : radio, médecins, pharmacie, hôpital.
L'appartement mérite d'être réparé au moindre craquement de vétusté.
On peut comparer l'appartement au corps humain qui se dégrade avec l'âge. On doit veiller à son bon fonctionnement, les moyens sont là  de jour en jour plus efficaces. Les progrès scientifiques retardent et améliorent l'état du corps ce qui prolonge la durée de vie, mais l'homme n'est pas éternel. Il y a une fin à toute chose.
De même l'immobilier vieillit. Les modes de vie changent nécessitant  des appareils de plus en plus performants , des emplacements de dimensions différentes.
Pour l'instant l'appartement est habitable sans souci majeur, le corps humain reprend ses anciennes habitudes après réparation durant des semaines d'hospitalisation. Il est bon de reprendre une vie normale afin de pouvoir profiter au maximum des agréments qu'elle nous offre sans souffrance, l'impression de se surpasser
En conclusion, les dégradations immobilières et les dégradations corporelles dues à la vieillesse se ressemblent avec des degrés plus handicapants pour les uns que pour les autres. Il est consolant de sentir que tout est réparable avec une durée variable. L'espoir d'une vie meilleure est toujours possible avec du temps, de la patience. Nos scientifiques  travaillent dans ce sens avec des moyens sans cesse en progrès. Ils ne désespèrent pas de voir une solution aux problèmes les plus angoissants. L'homme n'est pas un robot quoique l'éventail de pièces détachées pouvant remplacer un organe en font un être fabriqué de toutes pièces. Il est normal qu'un robot  exécutant des fonctions humaines puisse le remplacer un jour. L'avenir réserve bien des surprises.
Cependant à force de recherches trop poussées, il ne faudrait pas que l'homme se détruise ainsi que son environnement. Ce serait la fin du monde.L'Oméga inconnu !

 



04/03/2015

Réflexions littéraires

Réflexions littéraires
Lors d'une réunion littéraire au François Coppee, une assistante me dit :"Je ne peux lire les écrits de Balzac et de Proust; leurs livres me "tombent des mains" ". Je me souviens d'avoir lu tout Balzac en 6° lorsque j'ai eu accès à la bibliothèque du Collège. En plus de "la Comédie humaine" j'ai retenu beaucoup de descriptions qui peuvent rebuter un lecteur qui aime l'action, mais j'en ai gardé un bon souvenir. J'avais lu dans une Revue la thèse d'un étudiant sur Balzac qui disait qu'en notant tous les détails d'une description dans un texte de Balzac, on pouvait reconstituer un paysage figuratif.
Beaucoup plus tard, j'ai fait la connaissance de Proust avec "la Recherche du Temps perdu" en 7 volumes.Le même  lecteur qui aime l'action, les phrases courtes (qui ont la faveur d'un public actuel), sera dérouté par la phrase longue telle  "la période" latine avec des rebondissements, des idées nouvelles venant se greffer sur celle développée au début, avec des pronoms relatifs, des conjonctions copulatives... ce qui en explique la longueur.
Les éditeurs refusent de faire paraître ses écrits dont l'un d'eux, Humblot, qui s'exprime ainsi :"Je ne puis comprendre qu'un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne    dans son lit avant de trouver le sommeil", tout cela pour dire simplement "s'endormir". Cela tient à ses nombreuses insomnies, pendant lesquelles un texte écrit par lui possède une phrase de 44 lignes ...
On doit reconnaître à Balzac et à Proust le privilège de nous faire connaître la façon de vivre à leur époque, la fresque d'une société provinciale, pour l'un, parisienne pour l'autre avec des personnages connus qu'il fréquentait.