Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/07/2016

La comtesse de Grignan

La comtesse de Grignan
La beauté et plus encore l'agrément et l'esprit, avait donné de la réputation à Mme de Grignan , en quoi elle était surpassée par Mme de Sévigné sa mère, dont le naturel et une sorte de simplicité brillante d'esprit et de grâces, comme à la dérobée d'elle, rendait son commerce délicieux. Elle n'avait ni le pincé n i le précieux de sa fille, ety toujours les deux beaucoup d'amis, et une infinité de gens avec qui elles étaient continuellement en commerce. Elles vivaient ensemble dans une grande union, et la mère dans une adoration continuelle de sa fille. Celle vécut même avec la sienne , qui épousa le marquis de Si miane , qui hérita des charmes maternels, mais qui, devenue veuve,  incommodée dans ses affaires et dévote, se confina à la fin, en Provence, sans enfants. Il ne faut pas oublier un mot de la précieuse Mme de Grignan, qui avait fort mésallié son fils pour raccommoder leurs affaires délabrées. "Il faut bien quelquefois fumer ses terres", disait-elle . Jamais la famille de sa belle-fille ne luin pardonna.

16:15 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

La Jeunesse de Mme de Maintenon

 La Jeunesse de Mme de Maintenon
Mme de Maintenon, en arrivant des îles, avait été retirée  en Saintonge et à Paris  chez Mme de Neuilhan, mère de la duchesse de Navailles mère de Mme d'Elbeuf. Cette vieille Neuilhan était d'une telle avarice qu'elle gardait le clef du coffre à l'avoine et la confiait à Mme der Maintenon , pour la voir mesurer et donner à ses chevaux. Elle fut là jusqu'à son mariage avec Scarron, et conserva  depuis pour la maréchale de Navailles et pour les siens beaucoup d'amitié et de considération.

,

 

15:56 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

Harcourt, Louis X1V et le tabac

Harcourt, Louis XIV et le tabac
Le Roi avait une aversion  extrême pour le tabac, et sentait de fort loin ceux qui en prenaient. Harcourt y était fort accoutumé; mais il s'était aperçu que cet usage du tabac abrégeait du côté du Roi ses conversations avec lui, et il voulut s'ôter cet obstacle. Il ne prit plus du tout de tabac et l'on crut qu'à la longue les humeurs, n'ayant plus ce véhicule d'écoulement, lui causèrent les apoplexies. Il cacha cette première attaque du mieux qu'il put, mais sans se réconcilier avec le tabac. La mort du Roi fit sa paix avec cette herbe, par l'avis réitéré bien des fois des médecins : comme elle ne pouvait plus être alors obstacle à ses plus ardents désirs, il se rendit à leurs instances; mais il n'était plus temps et les humeurs avaient pris un cours sous lequel nous le verrons succomber de la manière du monde la plus terrible.

15:44 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2016

Melle Rose, béate

Melle Rose, béate
M. le cardinal de Noailles chassa de son diocèse Melle Rose, célèbre béate à extases, à visions, à conduite fort extraordinaire, qui dirigeait ses directeurs et qui fut une vraie énigme. C'était une vieille Gasconne,ou plutôt du Languedoc, qui en avait le parler à l'excès, carrée, entre deux tailles, fort maigre, le visage jaune extrêmement laid, des yeux très vifs, une physionomie ardente mais qu'elle savait adoucir; vive, éloquente, savante, avec un air prophétique qui imposait. Elle dormait peu et sur la dure, ne mangeait presque rien, assez mal vêtue, pauvre, et qui ne laissait voir qu'avec mystère. Cette  créature a toujours été une énygme, car il est vrai qu'elle était désintéressée, qu'elle a fait de grandes et de surprenantes conversions qui ont tenu, qu'elle a dit des choses extraordinaires, les unes très cachées qui étaient, d'autres à venir qui sont arrivées, qu'elle a opéré des guérisons surprenantes sans remèdes et qu'elle a eu pour elle des gens très sages, très savants, très pieux, d'un génie sublime, et qui l'ont conservé toute leur vie. Tel a été M. Duguet. Mlle Rose ayant longtemps vécu dans son pays où elle pansait les pauvres et où sa piété lui avait attaché des prosélytes, vint à Paris je ne sais à quelle occasion . De doctrine particulière elle n'en avait point, seulement opposée à Mme Guyon et tout à fait du côté janséniste.

11:38 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

OURAGAN à PARIS

Ouragan à Paris
Il y eut le jour de la Chandeleur un ouragan si furieux  que personne ne se souvient de rien qui eût approché d'une telle violence, dont les désordres furent infinis par tout le Royaume . Le haut de l'église de Saint Louis dans l'Ile , à Paris, tomba; beaucoup de gens qui y entendaient la messe furent tués ou blessés; entre autres , Verderonne, qui était à la gendarmerie, en mourut le lendemain. Cet ouragan a été l'époque du dérangement des saisons  et de la fréquence des grands vents, le froid en tout temps, la pluie ont été plus ordinaires depuis et ces mauvais temps n'ont fait qu'augmenter en sorte qu'il n'y a plus de printemps,peu d'automnes et pour l'été quelques jours par ci par là.

11:29 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

20/06/2016

CHOCOLAT des JESUITES

Chocolat des Jésuites
L'arrivée de la  flottille était riche de plus de soixante millions ou argent , et de douze millions de marchandise, sans les fraudes et les pacotilles En déchargeant les vaisseaux, il se trouva huit grandes caisses de chocolat dont le dessus était : Chocolat pour le Très Révérend Père général de la Compagnie de Jésus. Ces caisses pensèrent rompre les reins aux gens qui les déchargèrent, et qui s'y mirent au double de ce qu'il fallait  à les transporter à proportion de leur grandeur. L'extrême peine qu'ils eurent encore avec ce renfort donna curiosité de savoir quelle en pouvait être la cause. Toutes les caisses arrivées dans les magasins de Cadix, ceux qui les régissaient en ouvrirent une et n'y trouvèrent que de grandes et grosses billes de chocolat arrangées les unes sur les autres. Ils en prirent une dont la pesanteur les surprit, puis une seconde et une troisième , toujours également pesantes. Ils en rompirent une qui résista: mais le chocolat s'éclata, et ayant redoublé, ils trouvèrent que c'était toutes billes d'or revêtues d'un  doigt de chocolat tout autour; car après cet essai ils visitèrent au hasard le reste de la caisse et après toutes les autres. Ils en donnèrent avis à Madrid où malgré le crédit de la Société, on s'en voulut donner le plaisir. On fit avertir les jésuites , mais en vain: ces fins politiques se gardèrent bien de réclamer un chocolat si précieux et ils aimèrent mieux le perdre que de l'avouer. Ils protestèrent donc l'injure , qu'ils ne savaient ce que c'était, et ils persévérèrent avec tant de fermeté et d'unanimité, que l'or demeura au profit du Roi , qui ne fut pas médiocre, et on en peut juger par le volume de huit grandes caisses de grandes et grosses billes solides d'or; et le chocolat qui les revêtait demeura à ceux qui avait découvert la galanterie. (cadeau)

19:56 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

LA PLUME

LA PLUME
"Avoir la plume", c'est être faussaire public, et faire par charge  ce qui coûterait la vie à un autre. Cet exercice consiste à imiter si exactement l'écriture du Roi  qu'elle ne se puisse distinguer de celle que la plume contrefait et d'écrire  en cette sorte toutes les lettres que le Roi doit ou veut écrire de sa main, et toutefois n'en pas prendre la peine. Il y en a quantité aux souverains  et à d'autres étrangers  de haut parage; il y en a aux sujets, comme généraux d'armée ou autres gens principaux par secret d'affaires  ou par marque de bonté , ou de distinction. Il n'est pas possible de faire parler un grand roi avec plus de dignité que faisait Rose , ni plus convenablement à chacun, ni sur chaque matière , que les lettres qu'il écrivait ainsi, et que le Roi signait toutes de sa main ; et pour le caractère  il était si semblable à celui du Roi, qu'il ne s'y trouvait pas la moindre différence. Une infinité de choses importantes avaient passé par les mains de Rose et il y en passait encore quelquefois ; il était fidèle et secret  et le Roi s'y fiait entièrement. Ainsi  celui des quatre secrétaires  du cabinet qui a la plume en a toutes les fonctions , et les trois autres n'en ont aucune ,sinon leurs entrées. Callières eut la plume à la mort de Rose.
(Rose imitait parfaitement la plume du Roi)

17:21 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

18/06/2016

VIE & TREPAS

VIE & TREPAS
Julien Green, auteur catholique tendance mystique, était préoccupé par l'après-vie. Afin d'apporter une explication à ses questionnements, il fit des expériences sur des prisonniers en échange de leur vie sauve. Il les amenait à un point de non-survie et à la minute extrême les ramenait à la vie en leur demandant ce qu'ils avaient éprouvé. Tous furent unanimes pour dire que guidés par une lumière vive ils étaient entrés dans un tunnel ...

01:07 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

15/06/2016

Exécution sur l'Echafaud

Exécution sur l'échafaud  (1726)
Les premiers jours d'avril, Ticquet fut assassiné  chez lui ,et, s'il n'en est pas mort,  ce ne fut pas la faute du soldat aux gardes et de son portier  qui s'étaient chargés de l'exécution, et qui le laissèrent, le croyant mort, sur du bruit qu'ils entendirent. Ce conseiller, qui en tout était un fort pauvre homme, s'était allé plaindre  l'année précédente au Roi, à Fontainebleau, de la conduite de sa femme  avec Montgeorges, capitaine aux gardes fort estimé, à qui le Roi défendit de la plus voir Cela donna du soupçon  contre lui et contre la femme, qui était belle, galante, hardie, et qui prit sur le haut ton ce qu'on en voulut dire.Une femme fort de mes amies et des siennes lui conseilla de prendre le large; et lui offrit de quoi le faire, prétendant qu'en pareil cas on se défend mieux de loin que de près. L'effrontée s'en offensa contre elle et contre plusieurs autres amis, qui, avec les mêmes offres, lui donnèrent mêmes conseils. En peu de jours, la trace fut trouvée, le portier et le soldat reconnus par Ticquet, arrêtés et mis à la question, auparavant laquelle Mme Ticquet fut assez folle pour s'être laissé arrêter et n'être pas déjà en pays de sauveté. Elle eut beau nier, elle eut aussi la question, et avoua tout. Montgeorges avait des amis, qui le servirent si bien qu'il ne fut aucune mention juridique de lui. La femme condamnée à perdre la  tête et ses complices à être roués. Ticquet vint avec sa famille pour se jeter aux pieds du Roi et demander sa grâce : le Roi lui fit dire de ne pas se présenter devant lui et l'exécution fut faite à la Grève le mercredi 17 juin après-midi. Toutes fenêtres de l'hôtel de ville, toutes celles de la place et des rues qui y conduisent depuis la Conciergerie du Palais où elle était, furent remplies de spectateurs , hommes et femmes, et de beaucoup de noms dont plusieurs  de distinction. Il y eut même des amis et des amies de cette malheureuse qui n'eurent pas honte  et horreur d'y aller. Dans les rues, la foule était à ne pouvoir passer. En général, on en avait pitié et on souhaitait sa grâce et c'était avec cela, avec qui l'irait voir mourir. Et voilà le monde , si peu raisonnable et si peu d'accord avec soi-même.

16:11 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)