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21/08/2013

Quand les Basques chassaient la baleine

BIARRI18[1].gifLes armes de la ville de Biarritz (une baleine surmontée d'une barque chargée de marins) évoquent cette pratique qui date du Moyen-Age, attestant que les Basques, hardis marins, étaient autrefois de fameux chasseurs de baleines.
baleine[1].jpgDESCRIPTION DE LA CHASSE
Le dictionnaire historique de Bayonne décrit son déroulement :"Aussitôt que la baleine était signalée, on battait le tambour et le tambourin et tout le monde accourait muni de dards et de harpons et de toutes les armes nécessaires. Chaque barque portait dix rameurs qui devaient frapper l'animal. Puis à l'aide de la marée, ils le tiraient à terre et la proie était partagée dans la proportion des dards lancés. Sur chacun de ces dards était gravée la marque du propriétaire." On peut voir encore de nos jours des stalages (mot basque signifiant guet). Les guetteurs y allumaient un feu, quand ils avaient aperçu les "souffles" des troupes de cétacés, afin d'appeler les hommes pour embarquer et partir à la poursuite des animaux.
Ce métier était rude, les moyens d'action primitifs jusqu'à l'invention par le norvégien Svend Foy du canon lance-harpon. Pourtant les marins s'attaquaient aux cachalots, aux baleines franches, à tous les cétacés, sauf aux grands rorquals que l'on nomme également baleinoptères bleus pouvant mesurer  jusqu'à 35 mètres et peser 150 tonnes. Plus tard ils furent chassés par de véritables expéditions comprenant un navire-usine et de petits bateaux chasseurs rapides et armés de canons lance-harpons.
AVANTAGES DE LA PRISE
A ces époques lointaines, le spermaceti ou blanc de baleine (substance huileuse remplissant les énormes cavités de la tête du cétacé) était très apprécié pour préparer des bougies de luxe. La graisse servait dans les lampes à huile, et le lard était salé pour la consommation. Les fanons entraient dans la confection des vêtements, des cottes de mailles, des panaches, des plumets, des corsets, des éventails, etc.. La langue était un mets de choix. Enfin les os devenaient des solives, des poutres, des clôtures. Rien ne se perdait au cours du dépeçage de l'animal et l'on en tirait de véritables richesses.
Au Moyen-Age où les rois d'Angleterre régnaient sur la Guyenne et la Gascogne, il y eut rapidement des lois sur la chasse de la baleine. Les souverains anglais exigeaient la tête et la queue de tous les cétacés capturés, et se réservaient les fanons
EVOLUTION DE LA CHASSE
La chasse prit une extension de plus en plus grande et les Basques de Bayonne et St-Jean-de Luz non contents de poursuivre les baleines qui approchaient de leurs côtes, s'en allèrent au loin pour les attaquer. Au bout d'un siècle, les baleines, lassées de cette poursuite, gagnèrent les rivages de l'Amérique du Nord. Acharnés et âpres au gain, les Basques les suivirent. Sur les cartes de Terre-Neuve,des noms basques ,déformés, tels que Port au Choix qui correspond à Portuchua (le petit port) témoignent de leur passage. Dans l'histoire du port de Bayonne, l'auteur, Croizier, écrit que, d'après la chronique islandaise, vingt bâtiments basques et bayonnais, équipés pour la chasse à la baleine, arrivèrent en 1412 à Groenderfjord et dans le golfe de Grunder, ce qui causa une grande surprise dans l'île (avant l'expédition de Christophe Colomb).
RISQUES DE CE METIER :
Les marins vécurent des aventures extraordinaires semées de risques, de dangers tels que les tempêtes, les rencontres avec les corsaires qui  s'emparaient de leur riche cargaison. En 1693, le basque Coursic qui commandait deux frégates, pénétra dans la baie aux Ours et, livrant bataille à des baleiniers hollandais, en brûla dix-sept et en ramena onze à St-Jean-de-Luz
Il y avait les risques de naufrage dans des océans peu connus, aux côtes inhospitalières; des bateaux coulés par l'abordage d'un grand cétacé furieux.
Malgré tous ces périls, la chasse à la baleine resta longtemps florissante et donna de grands profits.
Une relation, écrite en 1697, indique que cette année-là, dans la seule baie de Spitz berg, on pouvait voir réunis deux cents bateaux baleiniers dont chacun avait capturé une dizaine de cétacés, ce qui prouve l'abondance de ces animaux à cette époque.
CONCLUSION :
Tant de captures finirent par en réduire le nombre, en même temps que des découvertes scientifiques permettaient de remplacer l'huile de baleine par des produits moins coûteux. Ceux-ci furent le gaz d'éclairage, puis le pétrole.

15:50 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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