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22/03/2007

FREDERIC DOMBIDAU DE CROUSEILLES

                             Le château de Crouseilles, petit village du Béarn, situé sur une colline plantée en vignobles, date du XVIII° siècle et appartint à la famille Dombidau qui obtint par lettres patentes que leur seigneurie soit érigée en baronie en 1753 en acquérant les terres de Lasserre et Lapedes.
                             Cette famille compta plusieurs membres au Parlement de Navarre, parfois sur trois générations. Leur origine est mal connue. On pense qu'ils descendent de colons béarnais venus peupler l'Aragon au moment de la reconquête contre les Maures  et qui avaient repris le chemin de leurs ancêtres. Le patronyme Bidau ou Vidau est typique du Béarn. L'un d'eux fut au début du l7° siècle gouverneur d'Oloron. Ils possédaient  de nombreuses propriétés, un hôtel particulier à Pau, un autre à Oloron, mais séjournaient souvent à Crouseilles.
                             Le dernier descendant, Frédéric naquit le 11 juillet 1792 et mourut à Paris le 19 février 1861. Il fit ses premières études au collège de Juilly, puis, à Paris, suivit les cours du collège de l'abbé Liautard (collège Stanislas) et ceux de la faculté de Droit ensuite.
                             Sa carrière fut exceptionnelle. Il fut :
                                - Maître des Requêtes au Conseil d'Etat
                                - Directeur d'Administration à la Cour de Cassation
                                - Pair de France sous la Monarchie de Juillet en 1845
                                - Conseiller d'Oloron
                                - Député de l'Assemblée législative  en 1849
                                - Ministre de l'Instruction publique et des Cultes en 1851
                                - Sénateur sous Napoléon III par décret du 26 janvier 1856 ...
                              Jusqu'à sa mort, il siégea dans la majorité dynastique.
                              Sa mère, Catherine, Sophie d'Arret, née à Accous de Pierre d'Arret, conseiller au Parlement de Navarre, et de Marie de Casamajor Treslay, épousa le baron Jean III Dombidau de Crouseilles dont elle se sépara assez rapidement. De cette union naquit à Oloron un fils promis à un grand  avenir, le susdit Frédéric Dombidau de Crouseilles.
                              Retirée à Oloron, la baronne  Sophie Dombidau écrivait à son fils, étudiant, des lettres où elle manifestait ses inquiétudes maternelles, son attention  affectueuse par nombre de conseils mettant en garde un jeune homme vivant dans la capitale : "sois assez fort de caractère, ... cause modestement avec l'âge mûr... danse avec les jeunes ... sois empressé avec les femmes d'automne et d'hiver.", conseils assez banals en somme, qui la firent qualifier de "Sévigné béarnaise". Cette correspondance relatait les menus évènements de la vie provinciale béarnaise de l'époque, ses jugements sur la poliitique mais aussi des considérations personnelles où s'allient charme et discrétion, passant de la fantaisie au sérieux dans le goût du siècle où  le genre épistolaire était très apprécié. Son testament est resté un modèle du genre ainsi qu'en fait état le sieur d'Andurain de Maytié.
                              Actuellement le château appartient à la cave de Crouseilles qui a fait d'importants travaux de rénovation où ont lieu des réceptions de clients, notamment des Japonais, un centre de dégustation des vins du Pays Madiran et Pacherenq.
                                                                          Marie-Rose Delavay

17:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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